English Poems by Lopamudra Banerjee
French Translation by Vatsala Radhakeesoon
Letter to Myself
[A poem written for my birthday in August, reflecting on my four decades of life. First published in ‘The Space Ink’, October 2021]
Dear August-born,
Do not be the burning sage as you
Sit on the bed soaking in the morning sun
And the washed remnants of your dreams
Of the night gone by. Instead, just hang on
To your wrinkled sleepwear and do your laundry
Listening to the hollow whispers of the washer.
Dear August rain,
Do not hold on to songs in your head
That can never turn into a hopeful refrain
A delectable orchestra. Instead, bolt the doors
Carefully when the thunderstorm breaks open
Into your pastures, echoing your birth-name
That everybody forgot, including you.
Dear August-queen,
Do not forget that ‘queen’ is just a perfunctory word
And it gives you no privilege in a world where
You have floated in a dark, tepid sea of pettiness, betrayals
And there is the sweet, sacred ambrosia of love
But loveless evenings, lonely strolls in sidewalks gave you succor.
If only you can thank the August rain,
The road trips with false lovers,
The unflattering mirrors, the ditched playgrounds,
The old notepads of burnt poetry, the stench of abuses,
You can embrace your fire and ember.
You can be the revolution, the upheaval, the threadbare dance
You can be the defiant poem, the silence of ruffled nights
That you’ve always dreamt of being.
Lettre à moi-même
(Un poème écrit pour mon anniversaire en août, s’agissant d’une réflexion des quatre décennies de ma vie. Première parution – Space Ink, Octobre 2021)
Chère Native du mois d’août,
Ne sois pas la femme sage trop brillante quand
Tu te réveilles au lit berçant le soleil matinal
Et les étincelles brumeuses de tes rêves
d’une nuit achevée. C’est mieux si tu te réjouis
de tes tenues de nuit froissées et fais ta lessive
En écoutant les murmures vains du lave-linge.
Chère Pluie d’août,
Ne te laisses pas berner par les chansons
qui ne fleuriront jamais en refrains d’espoir
Un merveilleux orchestre. C’est mieux si tu verrouilles les portes
prudemment quand l’orage crie
dans tes prés, répétant ton nom (nom de naissance)
que tout le monde a oublié, ainsi que toi aussi.
Chère Reine d’août,
N’oublies pas que Reine n’est qu’un mot superficiel
Et il ne te privilégie guerre dans un monde où
tu t’es pataugée dans l’obscurité, dans la mer agitée de mesquineries, de trahisons
Et il y a la douceur de l’ambrosie sacrée de l’amour
Mais les soirées dépourvues d’amour, les balades solitaires sur les trottoirs qui t’ont sauvée .
Si seulement tu peux remercier la pluie d’août,
les trajets avec les amants imposteurs,
les miroirs insultés , les terrains de jeux abandonnés ,
les vieux carnets de poésie brulés , l’abus toxique
Tu peux accueillir ta flamme et la braise .
Tu peux être la révolution, le bouleversement, la danse démodée
Tu peux être le poème révolté, le silence des nuits ébouriffées
dont tu as toujours rêvé .
A River Within Me
[First published in the anthology titled ‘Reverse the Rivers’, edited by Geetanjali Dillip]
A river within me knows all my high tides and low tides,
The sun’s birth, descending on my banks and the sundown
Melting my fiery skin into dark forebodings of death, and rebirth.
A river within me knows my light, motion of time
And my fallen moon at night, the hungry, volatile dance
As I spin around my moist, sacred space, like a child
Spinning inside the womb, waiting to be born.
A river within me is the smell of my elemental lust
As I become the ruthless watcher, my bank made soft
With tears of throbbing life, of funeral pyres.
With the river within me, where do I go?
Converge with the sea of garrulous memories, shrink or grow?
Take in all the fish coming up for air, all red embers
That turn to grey ashes? The river gushes right in,
Settles within, slowly, with its waning moonlight, its eager darkness,
Its placid body, its secret, superfluous chatter, its keen onlookers.
The river scampers, smells inside me, I lose myself
In its body like daily offerings of poetry and surreal passages.
A river within me fills up and swells, and I become
Its wind and melody, its continuum flow, like birth, death and rebirth.
Une rivière au fond de moi
( Première parution dans l’anthologie, intitulée Reverse the Rivers, éditée par Geetanjali Dillip)
Une rivière au fond de moi connait les hauts et les bas de ma vie,
Le soleil levant, descendant sur mes rives et le soleil couchant
Fondant ma peau brûlante en sombre pressentiment de la mort, et de la réincarnation.
Une rivière au fond de moi connait ma lumière, l’écoulement du temps
Et ma lune vaincue durant la nuit, affamée , danse fugace
Comme je tourne autour de l’humide, l’ espace sacré , comme un bébé
se tournant dans le ventre maternel ,attendant sa naissance.
Une rivière au fond de moi est l’arôme de mon désir élémentaire
Dès que je deviens l’observateur impitoyable, ma rive devient sensible
par les larmes vibrant la vie , des bûchers funéraires.
Avec une rivière au fond de moi, que signifie cela ?
Se confluant dans la mer de souvenirs loquaces, se rétrécissant où se grandissant ?
Prenant tous les poissons en quête d’oxygène, toutes les braises rouges
qui deviennent des cendres grises ? La rivière jaillit tout droit,
se refuge, lentement, avec son décroissement de rayons lunaires, son obscurité curieux,
Son corps serein, son secret ; sa conversation superflue, ses passants attentifs.
La rivière se détale, sent au fond de moi, je me perds
dans son corps comme des offrandes de poésie et d’extraits irréels.
Une rivière au fond de moi se remplit et se gonfle, et je deviens
ses souffles du vent et sa mélodie, sa continuité, comme la naissance, la mort et la réincarnation.
Author bio:
Lopamudra Banerjee is an author, poet, translator from Texas, USA with nine solo author books and six anthologies in fiction, nonfiction and poetry. She has received the Journey Awards (First Place category winner) for her memoir
‘Thwarted Escape: An Immigrant’s Wayward Journey,’ the International Reuel Prize for Poetry (2017) and other honors. Her poetry has been published in renowned platforms including ‘Life in Quarantine’, the Digital Humanities Archive of Stanford University. Her recent notable books are ‘Life in Quarantine’, the Digital Humanities Archive of Stanford University ‘The Bard and his Sister-in-law’ (translation) and ‘We Are What We Are’ in collaboration with Priscilla Rice, which has been 1st Prize winner (category: poetry) at New York Book Festival 2024.
Biographie :
Lopamudra Banerjee est auteure, poétesse et traductrice de Texas, USA.
Elle est auteure de neuf recueils de poésie et six anthologies de fiction,
non-fiction et de poésie. Elle s’est vue discerner les prix ; Journey Awards pour ses mémoires Thwarted Escape : An Immigrant’s Wayward Journey, The International Reuel Prize for Poetry (2017) et d’autres prix littéraires. Ses poèmes ont été publiés sur les réseaux de grand renom, tels que Life in Quarantine, the Digital Humanities Archive de Stanford University. Ses derniers œuvres sont intitulés The Bard and his Sister-in-law (translation) and We Are What We Are écrit en collaboration avec Priscilla Rice, 1er Prix (catégorie Poésie), New York Book Festival 2024.

Lopamudra Banerjee






